Le pacifisme comme pathologie

pa6-777x437Source : http://partage-le.com/2015/12/le-pacifisme-comme-pathologie-par-derrick-jensen/
Morceaux choisis :

« La question fondamentale posée ici est : la violence est-elle un outil acceptable de l’établissement du changement social ? Il s’agit peut-être de la plus importante des questions de notre époque, et pourtant, bien souvent, les discussions à son sujet tournent autour de clichés et d’une sorte de pensée magique: comme si, d’une certaine façon, si nous étions tous assez bons et gentils, l’État cesserait d’utiliser sa violence pour nous exploiter tous. J’aimerais que cela soit vrai. Mais, bien évidemment, ce n’est pas le cas.

(…) Un psychopathe peut être défini comme quelqu’un qui cause volontairement des dommages sans remords: « de tels individus sont impulsifs, insensibles aux besoins des autres, et incapables d’anticiper les conséquences de leur comportement, de poursuivre des buts sur le long terme, ou de tolérer la frustration. Le psychopathe est caractérisé par l’absence des sentiments de culpabilité et d’anxiété qui accompagnent normalement un acte antisocial ». Le Dr Robert Hare, qui a longtemps étudié les psychopathes, explique clairement que « parmi les histoire et lapinscaractéristiques les plus dévastatrices du psychopathe, on retrouve un mépris impitoyable pour les droits des autres et une propension aux comportements prédateurs et violents. Sans remords, les psychopathes charment et exploitent les autres pour leur propre profit. L’empathie et le sens de la responsabilité leur font défaut, et ils manipulent, mentent et arnaquent les autres sans se soucier des sentiments de qui que ce soit ».

Ça vous rappelle quelque chose?

Il est impossible de faire face à un comportement abusif ou psychopathologique à l’aide de moyens rationnels, peu importe à quel point il est dans l’intérêt de l’agresseur ou du psychopathe que nous le croyions. (Comme l’auteur Lundy Bancroft l’a souligné, « d’une certaine 11159530_1716636098476760_7336092240276194253_nfaçon, un agresseur opère comme un magicien. Ses tours reposent principalement sur le fait de vous faire regarder dans la mauvaise direction, de vous distraire afin que nous ne remarquiez pas où la véritable action se trouve. Il vous entraîne dans un dédale alambiqué, faisant de votre relation avec lui un labyrinthe de tours et détours. Il veut vous embrouiller, que vous tentiez de le comprendre, comme s’il était une merveilleuse machine, mais endommagée, qu’il vous faudrait remettre en état en réparant les parties défectueuses, afin de lui faire retrouver son plein potentiel. Son désir, bien qu’il puisse ne pas l’admettre, c’est que vous déchiriez ainsi votre cerveau, afin que vous ne remarquiez pas les schémas de la logique de son comportement, la conscience derrière la folie ». Ça non plus, ça ne vous rappelle rien ?)

Un comportement grossièrement abusif n’est pas quelque chose qu’il faut comprendre. C’est quelque chose qu’il faut stopper.

(…)

Une double contrainte. L’une des choses les plus intelligentes que les nazis aient faite, a été de faire en sorte qu’à chaque étape il soit rationnellement dans l’intérêt des Juifs de ne pas résister. Beaucoup de guerre-terrorisme-500x299Juifs avaient l’espoir — et cet espoir fut alimenté par les nazis — qu’en jouant le jeu, en suivant les règles établies par ceux au pouvoir, leurs vies n’empireraient pas, qu’ils ne seraient pas tués. Préférez-vous avoir une carte d’identité, ou préférez-vous résister et risquer de vous faire tuer? Préférez-vous aller dans un ghetto (une réserve, ou autre) ou préférez-vous résister et risquer de vous faire tuer? Préférez-vous monter dans un wagon à bestiaux, ou préférez-vous résister et risquer de vous faire tuer? Préférez-vous entrer dans les douches, ou préférez-vous résister et risquer de vous faire tuer?

Mais je vais vous raconter quelque chose de très important: les Juifs ayant participé à l’insurrection du Ghetto de Varsovie, y compris ceux qui se sont lancés dans ce qu’ils pensaient être des missions suicide, ont eu un taux de survie plus élevé que ceux qui se sont pliés. N’oubliez jamais ça.desobeissance

La seule solution pour sortir d’une double contrainte, c’est de la briser. N’oubliez jamais ça non plus.

(…)

Les pacifistes nous disent que la violence ne fait qu’engendrer la violence. Cela n’est manifestement pas vrai. La violence peut engendrer bien des choses. La violence peut engendrer la soumission, comme lorsqu’un maître bat un esclave (certains esclaves finiront par riposter, auquel cas cette violence engendrera davantage de violence ; mais certains esclaves se police partoutsoumettront pour le restant de leurs jours, ainsi que nous pouvons le constater ; et certains iront même jusqu’à s’inventer une religion ou un état spirituel pour tenter de faire de leur soumission une vertu, ainsi que nous pouvons le constater également ; certains écriront et d’autres répéteront que leur liberté ne doit pas être obtenue au détriment des autres ; certains parleront de la nécessité d’aimer leurs oppresseurs ; et certains diront que les humbles hériteront de ce qui restera de la terre). La violence peut engendrer la richesse matérielle, comme lorsqu’un voleur ou un capitaliste (si différence il y a) dérobe quelque chose à quelqu’un. La violence peut engendrer la violence, comme lorsque quelqu’un attaque quelqu’un qui riposte. La violence peut engendrer une cessation de violence, comme lorsque quelqu’un repousse ou tue un assaillant (il est totalement absurde et insultant de dire qu’une femme qui tue un violeur

Paris, place de l'art est public, chaque dimanche...

Paris, place de l’art est public, chaque dimanche…

engendre davantage de violence).

Les pacifistes nous disent : « Nous devons être le changement que nous voulons voir ». Cette déclaration qui est en fin de compte vide de sens est une manifestation de la pensée magique et du narcissisme qui ne nous étonnent plus de la part des pacifistes dogmatiques. Je peux changer autant que je veux, les barrages seront toujours là, les saumons continueront de mourir. Le réchauffement climatique continuera à progresser rapidement, les oiseaux à mourir de faim. Les chalutiers-usines continueront à fonctionner et les océans à souffrir. Les fermes industrielles continueront de polluer et les zones mortes continueront de se développer. Les laboratoires de vivisection seront toujours là et les animaux seront toujours torturés.MINOLTA DIGITAL CAMERA

Ils nous disent que si nous utilisons la violence contre ceux qui nous exploitent, nous deviendrons comme eux. Ce cliché est, encore une fois, absurde, sans aucun lien avec le monde réel. Il est fondé sur la notion fausse selon laquelle toutes les violences sont identiques. Il est indécent de suggérer qu’une femme qui tue un homme essayant de la violer devient comme un violeur. Il est indécent de suggérer que lorsqu’il a riposté, Tecumseh est devenu comme ceux qui pillaient la terre de son peuple. Il est indécent de suggérer que les Juifs qui luttèrent contre leurs exterminateurs à Auschwitz/Birkenau, Treblinka et Sobibor devinrent comme les Nazis. Il est indécent de suggérer qu’un tigre qui tue un humain dans un zoo devient comme l’un de ses geôliers.

Les pacifistes nous disent que la violence n’accomplit jamais rien. Cet argument, plus encore que les autres, révèle à quel point nombre de pacifistes dogmatiques sont présomptueusement, complètement, et désespérément déconnectés de la réalité physique, émotionnelle et spirituelle. Si la violence n’accomplit rien, comment ces gens croient-ilsunnamed que les civilisés ont conquis l’Amérique du Nord et du Sud et l’Afrique, et avant ce continent, l’Europe, et encore avant, le Moyen-Orient, et depuis lors, le reste du monde ? Les peuples indigènes n’ont pas livré — et ne livrent pas — leur terre parce qu’ils reconnaissent avoir affaire à une culture meilleure dirigée par des gens meilleurs. La terre a été — et est toujours — saisie et les gens qui y vivaient ont été — et sont toujours — massacrés, terrorisés, brutalisés jusqu’à la soumission. Les dizaines de millions d’Africains tués lors de la traite des esclaves seraient surpris d’apprendre que leur esclavage n’était pas le résultat d’une violence endémique. Il en est de même pour les millions de femmes brûlées pour sorcellerie en Europe. Il en est de même pour les milliards de pigeons voyageurs massacrés pour servir le système économique. Les millions de prisonniers coincés dans les goulags ici aux États-Unis et ailleurs seraient stupéfaits de découvrir qu’ils peuvent s’en aller quand bon leur semble, et qu’ils ne sont pas en fait détenus là par la force. Est-ce-que les pacifistes qui tiennent de tels propos croient vraiment que les gens du monde entier livrent leurs ressources aux riches parce qu’ils apprécient d’être appauvris, qu’ils apprécient de voir leurs terres et leurs vies pillées — pardon, je suppose que lorsque les choses sont formulées ainsi, elles ne sont pas pillées mais gracieusement reçues en offrande — par ceux qu’ils doivent certainement percevoir comme plus méritants ? Pensent-ils que les femmes se soumettent au viol uniquement pour le plaisir, ou en raison du recours à la violence ou sous une menace de violence? L’une des raisons pour lesquelles la violence est si souvent utilisée par ceux qui sont au pouvoir, c’est qu’elle fonctionne. Terriblement bien. Lire la suite et l’article complet

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